Cancún : un 2è Copenhague ?
Après Copenhague : bienvenu à Cancún ! Cette énième conférence des Nations-Unies sur le climat et non la dernière, s’est tenue du 29 novembre au 10 décembre dernier au Mexique et a réuni près de 194 pays.
Certains parlent de réelles avancées quand d’autres dénoncent une conférence trompe l’œil…un an après la conférence de Copenhague qui a fait grand bruit, qu’en est-il de celle de Cancún? Réelle avancée ou stagnation ?
Le protocole de Kyoto encore et toujours…
Le Protocole de Kyoto a encore été au centre des attentions. Ce protocole qui prévoit la réduction des gaz à effet de serre expire en 2012. Une nouvelle période de réduction des gaz à effet de serre doit commencer en 2013 et ce, jusqu’en 2017 ou 2020 mais déjà 3 pays font blocage : le Canada, le Japon et la Russie. Le problème se pose en particulier pour ce dernier pour qui un surplus d’émissions avait été accordé lors de la 1ère période et qui n’a pas été renégocié à Cancún…
Une amélioration des accords de Copenhague…ou un simple Copenhague bis ?
Si certains n’avaient pas tout suivi l’an dernier, ils vont pouvoir rattraper leur retard ! En effet, comme pour mieux convaincre le monde ou se convaincre eux-mêmes, les Etats se sont à nouveau engagés à Cancún pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25 à 40% d’ici 2020 par rapport à 1990 comme il y est fait mention dans le protocole de Kyoto. De même, la limitation du réchauffement climatique en dessous des 2°C par rapport à la période préindustrielle a été réaffirmée et le problème de la déforestation reposé pour être de nouveau débattu…
Alors simple redite de Copenhague ou réelles améliorations ?
Entre continuité et espoir de changement…
Il serait mauvaise langue d’affirmer que rien n’a été conclu à Cancún et qu’une fois encore les Etats ont échoué. Il semble même que cette fois-ci l’atmosphère ait été au compromis…
En effet, même si la limite des 2°C a été réaffirmée, il semble qu’elle pourrait même être revue à la baisse en 2013 puisqu’une limite à 1.5°C a été évoquée ; un niveau qui avait d’ailleurs été demandé à Copenhague par les pays insulaires directement menacés par le réchauffement climatique.
Par ailleurs, un Comité a été mis en place pour s’occuper de l’Adaptation des pays vulnérables au changement climatique ; de même, la responsabilité historique des pays développés au réchauffement climatique, très souvent évoquée l’an passé par les pays émergents comme la Chine, a été officiellement reconnue. Enfin, les réticences de certains pays à Copenhague comme la Chine dans l’élaboration d’un système de contrôle semblent avoir été dépassées à Cancún puisqu’un double système de transparence a été mis en place pour contrôler les pays développés et les pays en développement sur leurs avancées concernant le climat.
Pour ce qui concerne le financement de la lutte contre le réchauffement climatique, un Fonds Vert a aussi été crée et le chiffre de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 apportés par les pays développés a été évoqué.
Alors certes, ceux qui ont une très bonne mémoire nous dirons que cette annonce avait déjà été faite l’an passé, mais cette fois-ci elle a été écrite noir sur blanc à Cancún…une avancée donc !
Toutefois, la « révolution climatique » n’est pas pour demain…
Les accords internationaux sont longs et difficiles et nous pouvons déjà nous réjouir des compromis opérés entre les Etats et notamment entre les pays développés et les Etats émergents lors de cette conférence qui démontrent une certaine bonne volonté des Etats à lutter ensemble contre le réchauffement climatique.
Cependant, de nombreux points abordés restent incomplets…
Tout d’abord, un maximum des émissions a été évoqué mais sans aucune précision sur son chiffre. Il semble que les pays émergents soient réticents à s’avancer en premiers et attendent l’engagement des pays développés sur la baisse de leurs émissions afin que l’effort financier soit partagé et non inégal et seulement supporté par les pays émergents.
Par ailleurs, l’annonce de la création du Comité chargé de l’Adaptation des pays en développement n’a pas été suivie d’un énoncé clair des mesures concrètes que ce Comité allait mettre en place.
Quant au financement des mesures énoncées, il a encore été au centre des débats. Certes, un compromis a été trouvé puisque les fonds seront gérés pour moitié par les pays développés et l’autre moitié par les pays en développement ce qui permettra de maintenir une égalité de gouvernance et de rassurer les deux parties sur la gestion de ces fonds. Cependant, l’origine de ces fonds est encore un mystère….plusieurs scénarios sont alors envisagés comme la taxation sur les transactions financières ou encore la taxation sur les transports aériens et maritimes…mais cette fois, le compromis sera difficile tant les réticences sont grandes sur ces points là…
Entre fatalisme et optimisme…
Alors, à qui doit-on donner raison ? Aux éternels pessimistes qui prévoyaient l’échec de Cancún avant même le début de la conférence ou aux incorrigibles optimistes qui ont vu de réelles avancées sur le climat au Mexique et qui sont confiants dans la suite des négociations ?
Le point réellement négatif, et qui donne raison aux premiers, porte sur le fond de ces accords. En effet, déjà à Copenhague, aucune avancée sur la réduction des émissions des gaz à effet de serre n’avait été faite et il en a été de même à Cancún puisque même si la limite des 1.5°C a été évoquée, aucun chiffre ne démontre actuellement la réelle détermination des Etats à réduire leurs émissions.
Par ailleurs, l’argent pose encore une fois problème car qu’il s’agisse de la déforestation ou des mesures pour réellement lutter contre le réchauffement climatique, les sources du financement sont encore inconnues…
Cependant, on peut féliciter les Etats d’y avoir mis la forme puisque les mesures évoquées à Copenhague ont été encadrées à Cancún par des conventions et des accords qui résultent de compromis entre états. On peut donc espérer qu’après cette formalisation, les Etats pourront passer à l’action…
De même, l’effort réalisé par l’ensemble des Etats pour tenter de trouver des accords doit également être mentionné comme étant un véritable signe de progrès. En effet, le compromis semble avoir été l’attitude dominante lors de ces accords ce qui a permis à certaines idées évoquées à Copenhague mais bloquées dans leur mise en œuvre d’espérer voir le jour…notamment celle concernant le transfert des technologies des pays développés vers les pays en développement. Un Comité a ainsi été crée pour favoriser le transfert des technologies ce qui permettrait de faciliter l’adaptation des pays en développement aux changements climatiques jusque là pénalisée par le coût onéreux de certains outils. Et même si aucune précision sur la nature des technologies qui seront transférées n’a été évoquée ainsi que sur le droit de propriété inhérent à ces technologies, le volontarisme affiché des Etats n’est pas négligeable ce qui peut nous laisser espérer des actions concrètes pour la suite…
Reste maintenant à savoir quand ces mesures seront réellement mises en place.
Combien de conférences a-t-on encore besoin pour aboutir à des chiffres concrets et à une réelle réduction des émissions de gaz à effet de serre ?
En tout cas, la date de la prochaine conférence est déjà fixée, rendez-vous donc à Durban en Afrique du Sud en décembre 2011 !
Source : http://cancun.blogs.liberation.fr/
La mobilisation sur le réchauffement climatique vue par les étudiants…
Interview de Sarah Garnier, chef du Projet « Campus Durable » d’Euromed Management dont le but est d’inciter les acteurs d’Euromed Management à réduire leur impact sur l’environnement en mettant en place des actions concrètes sur le campus d’Euromed et à Marseille.
Le 03 décembre dernier, son projet a réalisé une sensibilisation au réchauffement climatique au sein de l’école…petit aperçu…
1) En quoi a consisté votre mobilisation le vendredi 03 décembre dans les locaux d’Euromed Management?
Toute l’équipe de Campus Durable a arpenté les couloirs de l’école vêtue des couleurs du Mexique et a distribué des bracelets en tissu de couleur verte aux étudiants afin qu’ils n’oublient pas qu’une conférence sur le climat se tenait à Cancún. Notre objectif était de rappeler les enjeux de ce rassemblement au Mexique.
2) Pensez-vous avoir réussi à sensibiliser les étudiants ?
Nous avons eu l’occasion de parler avec de nombreux étudiants d’Euromed ainsi qu’à des élèves de classe préparatoire qui étaient présents pour l’événement SimONU, et nous avons constaté qu’une piqûre de rappel n’était pas inutile ; en effet, beaucoup d’entre eux n’étaient pas avertis de la tenue de cette conférence mondiale sur le climat ou n’en saisissaient pas les enjeux.
3) Que penses-tu de la conférence de Cancún ?
Maintenant qu’elle est terminée, est-ce pour toi un échec ou une réelle avancée ?
Un des objectifs était de décider de la suite à donner au protocole de Kyoto dont la première période d’engagement s’achève fin 2012. Je pense que le résultat est plutôt positif. On peut dire qu’une certaine confiance a été retrouvée ; il est encore possible d’arriver à des accords multilatéraux concernant les enjeux du réchauffement climatique. De plus, il a été créé un fond vert pour le climat visant à soutenir les différents projets et programmes des pays en développement ; il a été lancé un mécanisme de lutte contre la déforestation. Le résultat de cette conférence permet d’envisager avec confiance un accord sur l’engagement dans une deuxième période du protocole de Kyoto lors de la conférence de Durban en 2011.
4) Penses-tu que le réchauffement climatique est considéré aujourd’hui comme un véritable enjeu pour notre société ?
Ces problématiques sont encore récentes, mais on observe de réelles avancées dans les mentalités. La diffusion du problème prend du temps, le passage de la sphère scientifique à la sphère sociale est lent et progressif. L’élaboration du Protocole de Kyoto traduit une prise de conscience, au sein de la communauté internationale, de l’ampleur des enjeux soulevés par la question du réchauffement climatique. Mais plus que le réchauffement climatique, ce qui parait primordial aujourd’hui pour les individus, est la recherche de sens (qui est bien sûr lié à la notion assez récente de développement durable).
5) Quelles sont les actions que ton projet entreprend toute l’année dans ce domaine ?
Le projet Campus Durable, à travers divers pôles d’action agit quotidiennement en faveur de l’instauration du tri, de la réduction de la consommation énergétique et le développement d’énergies renouvelables (300 m2 de panneaux solaires ont par exemple été installés sur les toits de l’école d’Euromed Management), de la mise en place du covoiturage, de la promotion d’une alimentation issue de l’agriculture biologique à l’aide d’une épicerie bio (projet commun avec le bureau des élèves de l’école)…
Notre mission est de réduire l’empreinte carbone et de sensibiliser les Euromédiens aux problématiques environnementales.
6) Quelles sont les mesures qui permettraient réellement selon toi de mobiliser les étudiants et l’ensemble de la société au problème du climat et à ses enjeux ?
C’est une question très difficile et qui ne comporte pas de solutions toutes trouvées selon moi. Peut-être faudrait-il rendre moins contraignants et plus ludiques les événements visant à sensibiliser les individus aux problématiques environnementales. La communication est l’outil que je juge le plus pertinent pour sensibiliser la population actuelle aux enjeux du réchauffement climatique (campagnes, expositions, ateliers, conférences et débats, films…) Il faut développer une communication « ouverte », non moralisatrice ou culpabilisatrice afin d’éviter de tomber dans une certaine forme « d’autoritarisme écologique ». Enfin, pour se mobiliser, les individus doivent trouver un certain intérêt, qu’il soit économique, ou psychologique.
7) Qu’est-ce que chacun peut faire selon toi au quotidien pour limiter le réchauffement climatique ?
Les petits gestes, s’ils sont faits par le maximum de personnes, sont les plus grands. Trier ses déchets, mettre le plus souvent possible en veille les appareils électroniques, veiller à éteindre les lumières lorsque l’on quitte une pièce, utiliser davantage les transports en commun ou les transports propres, consommer de manière plus responsable, c’est-à-dire des produits certifiés et labellisés ayant un moindre impact sur la planète. Ce sont des gestes simples et accessibles à tous qui, à une grande échelle, peuvent changer les choses !
Un étudiant d’Euromed Management à Cancún…témoignage…
Florent Baarsch, étudiant d’Euromed Management, était à Cancún pour assister aux négociations sur le climat. Il nous livre ses impressions…
1) Tu étais à la conférence de Copenhague l’an dernier, quelles sont tes premières impressions après avoir été à Cancún ?
Le samedi matin, en regardant le soleil se lever, après avoir passé la nuit entière à suivre la fin des négociations, j’avais un grand sourire. Ce fut une expérience totalement nouvelle et différente. Après Copenhague, j’ai vu beaucoup des mes amis pleurer de fatigue et de déception après avoir passé l’année 2009 à travailler sans compter dans l’espoir d’obtenir un accord à la fin de la COP15. Mais à Cancún, dans la dernière nuit, j’ai vu des délégués debout applaudir l’accord, des représentants d’ONG souriants, ce fut ma première fin de conférence heureuse… Cancún était pourtant ma 10e conférence sur le climat !
2) Comment se sont déroulés ces 12 jours de négociations ?
Ce fut réellement 12 jours de négociations ! Pour la première fois (encore), une session dite informelle s’est réunie le dimanche matin pour discuter de la façon dont les pays allaient négocier lors de la seconde semaine. Ce fut une très utile et nécessaire session qui a permis de contribuer à restaurer un peu plus de confiance dans le processus onusien ; la présidente de la Conférence, Patricia Espinoza, Ministre des Affaires Etrangères mexicaine a su créer une atmosphère propice aux négociations au cours de ces 12 jours de négociations et pendant l’année qui a précédé ces Accords de Cancún.
3) As-tu senti que l’atmosphère était plus encline au compromis cette année ?
Oui, définitivement. Mais, j’ai quelques doutes quant aux raisons qui ont permis ces accords de Cancún. Pour être à Tuvalu en ce moment et pour connaître la position des pays insulaires avant la conférence de Cancún, je suis surpris qu’il ait pu y avoir un tel compromis sur des positions si différentes. En anglais, il existe deux mots pour compromis : « compromise » et « trade-off » ; les accords de Cancún sont définitivement des « trade-off » dans la mesure où ils sont issus de marchandages entre groupes et parties.
4) Quelles sont les réelles avancées prises à Cancún ?
Au début, les Accords de Cancún furent présentés comme historiques. Mais après une lecture plus en profondeur des deux principaux textes, il est aisé de s’apercevoir que le texte ne présente pas d’avancées majeures. Seuls le transfert de technologies des pays développés en direction des pays en développement, le contrôle du respect des engagements de réduction d’émissions pris par les parties (appelé dans le jargon MRV et ICA) ainsi que la protection des forêts tropicales sont réellement des points qui représentent des avancée. Il faut cependant apporter un bémol à ces avancées, et au reste du texte d’ailleurs ; beaucoup de ces éléments ne seront aboutis qu’à l’issue de la conférence de Durban en 2011. Si aucun accord n’est trouvé à Durban sur l’ensemble de ces éléments, je crains un peu pour le processus de négociations aux Nations Unies…
5) Quels sont les échecs ? Les mesures qui n’ont pas abouti ou qui suscitent toujours autant de réticences ou de blocages ?
Il n’y a pas vraiment d’échecs. Mais il y a toujours des points qui doivent être pris rapidement en considération. Malheureusement, ces points sont les éléments majeurs et centraux des négociations sur le climat : la réduction des émissions et le financement de l’adaptation au changement climatique. Sur ces deux points, aucun accord n’est réellement en vue – peut-être même au contraire. Considérant la nouvelle position japonaise, la nouvelle situation politique américaine, le manque de volonté de l’Australie, du Canada et de la Russie, il semble assez difficile d’espérer un accord à court voire moyen terme sur la réduction des émissions pour les pays développés et en conséquences pour les pays en développement.
6) Penses-tu que les états sont sur la bonne voie dans la lutte contre le réchauffement climatique ?
Non. J’espère juste qu’ils auront l’intelligence de ne pas oublier qu’une part de plus en plus importante de la population mondiale souffre de ces conséquences. Etant à Tuvalu en ce moment, un Etat au milieu du Pacifique dont l’altitude moyenne est d’environ 1.5 mètres, je comprends de manière totalement différente ce qu’ « adaptation au changement climatique » signifie et plus particulièrement lorsque nous avons les pieds dans l’eau une fois par mois à cause des marées…
7) Pourquoi les mesures sur ce sujet sont-elles si compliquées à mettre en œuvre ?
Les mesures sont compliquées à mettre en œuvre parce qu’elles ne nécessitent pas seulement de mettre un peu moins d’essence dans le réservoir de sa voiture, elles nécessitent la réorganisation presque totale des sociétés dans lesquelles nous vivons. Le problème des négociations sur le climat est qu’elles essayent de traiter un problème global sans pouvoir prendre en considération l’ensemble des éléments nécessaires tels que : le commerce mondial, le droit de l’environnement dans son ensemble, les modèles de développement.
Les Chefs d’Etat, les négociateurs ont besoin d’un modèle. A l’heure actuelle, aucun modèle n’existe réellement et réduire les émissions par 40% d’ici les 10 prochaines années semble simplement impossible. A cela la raison est simple, cela ressemble à un grand saut dans l’inconnu ou dans le vide sans aucun filet de protection. Quel Chef d’Etat accepterait d’engager son pays sur une telle voie ? Tant que la société civile (entreprises, syndicats, ONG et autres) dans son ensemble ne sera pas en mesure de proposer un modèle de société en cohérence avec les exigences climatiques et environnementales, il faudra alors s’attendre à être déçu par les négociations.
Es-tu plutôt optimiste ou pessimiste quant à la suite des négociations et notamment celles qui auront lieu à Durban l’an prochain? Que peut-on espérer ?
Malgré tout ce que j’ai pu dire auparavant, je reste optimiste. C’est plus un état d’esprit qu’un état ! Je reste convaincu qu’il est encore possible d’apporter ce changement dont le monde a besoin. Et je crois surtout que cela dépend de chacun de nous et qu’il faut arrêter de penser que les Chinois, les Indiens ou que le voisin feront le premier pas. Au cours de la conférence de Cancún, le leader d’une ONG appelée « 350.org » a expliqué que les mouvements que l’on voit dans les négociations ne sont que le reflet des mouvements de la population mondiale. Le jour où nous aurons collectivement confiance dans le changement, alors les leaders de ce Monde changeront – mais il ne faut pas attendre que cela soit l’inverse.
Enfin, je crois et toujours dans cette volonté d’optimisme qu’il est nécessaire d’offrir à rêver, j’aime cette phrase, sans trop me rappeler où je l’ai entendue, qui énonce le problème de la manière suivante : « qui pourra nous reprocher d’avoir créé un monde meilleur ? ». Probablement personne, alors pourquoi ne pas s’y mettre dès à présent ?!
9) Y seras-tu ?
Oui, probablement.
Pour plus d’informations : http://klima-tuvalu.no/fr
Article et interviews réalisés par Jennifer Lippe le 23/12/2010.

Stop au gaspillage alimentaire!
Vous l’avez surement remarqué, mais les campagnes publicitaires concernant le gaspillage se multiplient, surtout en cette fin d’année où le gaspillage festif est au rendez-vous alors que d’autres meurent de froid!
En effet, le Grenelle Environnement a fixé des objectifs très clairs en termes de réduction des déchets : diminuer la production d’ordures ménagères et assimilées de 7 % par habitant en 5 ans, soit une diminution de 28 kg par an par personne d’ici 2013. Mais ces chiffres sont ambitieux, surtout face à constat de gaspillage important!
Cette campagne a pour but de sensibiliser les ménages, mais aussi les industries, reconnues comme polluantes. En effet, le gaspillage alimentaire commence bien avant la poubelle des ménages ; dès la culture du produit, à chaque étape de sa transformation, de son transport, de sa mise en vente, jusqu’à nos assiettes, la moitié de la nourriture produite dans le monde est jetée. Avec 20 kg de déchets par personne chaque année en France, ce sont quelque 1,2 million de tonnes de nourriture qui se retrouvent dans la poubelle des ménages.
Difficile de croire qu’un quart de la nourriture produite sur la planète est jetée sans être consommée alors que des millions de personnes meurent de faim!
Les collectivités locales qui gèrent les flux de déchets des ménages et ceux provenant de certaines activités économiques ont un rôle essentiel pour atteindre l’objectif fixé par le Grenelle Environnement.
Les actions de sensibilisation d’une collectivité permettent une meilleure compréhension des enjeux liés à la production de déchets et mettent progressivement l’ensemble de la société en capacité d’adopter des gestes concrets plus respectueux de l’environnement.
Afin d’arriver à des résultats encourageants, ce sont d’abord nous, les consommateurs qui devons agir. Que ce soit à Euromed ou en dehors, chaque geste est primordial: ne gâchez pas vos brouillons, évitez des emballages trop importants, utilisez des piles rechargeables… nombreux sont les petits gestes au quotidien qui peuvent changer la donne!
Si vous manquez d’idées pour ne plus gaspiller : http://www.reduisonsnosdechets.fr/
Florence IOOS


La formule 1 en mode écolo !
Amis sportifs bonjour !
Fini la Ferrari bien rouge de Michael Schumacher qui tourne à pleine vitesse, bienvenue à la toute nouvelle Formule 1 écolo !
Pour les amateurs de la discipline reine du sport automobile il faudra donc passer au vert !
En effet, le Conseil Mondial du sport automobile a annoncé lors de sa dernière intervention début décembre 2010 à Monaco vouloir rendre la discipline plus respectueuse de l’environnement notamment dans le choix de moteurs moins polluants.
Il est vrai que la Formule 1 fait depuis longtemps l’objet de multiples plaintes de la part des écologistes qui reprochent à la discipline d’émettre une importante quantité de polluants. Dans un contexte de mobilisation internationale dans la lutte contre le réchauffement climatique, on chuchote même dans les couloirs de Bruxelles une hypothétique suppression de la discipline sportive…en dehors de ces bruits de couloirs, le Parlement Européen a clairement demandé aux dirigeants de la Formule 1 à travers son rapport CARS 21 de « changer leurs règles en faveur d’une technologie plus respectueuse de l’environnement. »
Il était donc temps que la Fédération Internationale de l’Automobile (la FIA) se manifeste et annonce des mesures pour rendre ce sport plus « écolo ». Les dispositions annoncées par la FIA portent tout d’abord sur l’utilisation de moteurs plus respectueux de l’environnement et plus économes en énergie. Pour les fins connaisseurs de la discipline, les changements porteront ainsi sur le remplacement des moteurs V8 de 2.4 litres par des 4 cylindres turbo de 1.6 litres avec une limite de 12 000 tours par minute dès 2013. C’est tout le marché des moteurs qui va alors être perturbé par ces nouvelles mesures vertes qui ont en plus un coût non négligeable puisque la fabrication de tels moteurs est estimée à 150 millions de dollars. Cependant, le choix de la FIA d’inciter l’industrie de la F1 en particulier à se mettre au vert n’est pas un hasard puisque les budgets des écuries de cette discipline automobile sont colossaux et permettraient de réaliser de tels investissements.
Déjà en 2008, la FIA avait demandé aux entreprises pétrolières qui fournissent les écuries de Formule 1 de respecter la norme européenne qui prévoit l’utilisation de carburant composé à 5.75% d’éléments biologiques.
Et la FIA ne s’arrête pas là puisqu’elle compte également inciter les écuries automobiles à réduire et à contrôler leur consommation d’énergie. En effet, outre ces remplacements de moteurs qui permettraient déjà de réduire la consommation de carburant de 35% ou de l’utilisation de biocarburants, la fédération veut véritablement inciter les constructeurs à investir dans la recherche et le développement pour rendre leurs voitures plus vertes.
Ainsi, depuis 2009, la FIA a mis en place un programme appelé KERS (Kinetic Energy Recovery System ou SREC en français). Ce système incite les écuries à récupérer l’énergie évacuée pendant le freinage pour la réutiliser lors des phases d’accélération. Ce système permettrait même d’accroître les performances des voitures de F1 et donc de gagner davantage de Grands Prix !
Ceux qui avaient peur d’une quelconque perte de performance des voitures de F1 devraient donc être rassurés !
L’industrie du sport automobile a donc trouvé le moyen de rouler plus vite et mieux et certaines écuries telles que Ferrari commencent déjà à travailler sur ce système.
Par ailleurs, la FIA a lancé un autre programme qui vise à planter des arbres autour des circuits automobiles pour absorber les émissions de CO2 rejetées par les voitures de F1.
Le président de la FIA, Max Mosley, a alors affirmé que « Grâce à ce programme, la Formule 1 est nettement plus écologique que l’athlétisme, par exemple, qui ne compense pas la pollution engendrée par ses déplacements. J’espère que la neutralité de la F1 sur un plan écologique, ainsi que son utilité pour la recherche verte, me permettront de convaincre les politiciens.«
A travers ces mesures, la Fédération Internationale de l’Automobile affiche alors clairement ses intentions pour « mieux intégrer le développement durable et tenir compte des impératifs de l’industrie automobile. »
En allant plus loin, les progrès réalisés dans la Formule 1 bénéficieraient même à l’ensemble de l’industrie automobile puisqu’on peut imaginer que les moteurs plus écologiques des voitures de F1 pourraient être adaptés aux voitures du quotidien. C’est en tout cas, l’ambition des acteurs de l’industrie automobile de F1.
Espérons que ces mesures permettront de réduire les ardeurs des écologistes et leur montreront que sport automobile et respect de la nature ne sont pas incompatibles ! Au contraire, selon Mr Mosley, « La F1 s’avère plus utile à l’environnement que les autres sports !«
Rendez-vous alors dans quelques années pour constater les efforts réalisés par la F1 dans le domaine du développement durable !
Jennifer Lippe 26/12/2010


Sources :
-www.maxisciences.com : « Développement durable : la F1 passe elle aussi au vert » publié le 19/12/2010.
- www.caradisiac.com : « FIA : la Formule 1, un sport auto écolo » par Séverine Alibeu publié le 18 Avril 2007.
-www.go-f1.com : « Un bouton boost écologique sur les F1 dès 2009 : Système KERS » publié le 18/02/2008.
-www.actualites-news-environnement.com : « La formule 1 se met au vert » publié le 17 décembre 2010.
-www.plusbellematerre.com : « La Formule 1 plus écologique! » publié le 20/12/2010.
Les restos du cœur, 26 ans déjà et toujours là….jusqu’à quand ?
« Aujourd’hui, on n’a plus le droit, ni d’avoir faim ni d’avoir froid… ». Qui n’a jamais entendu et fredonné ces paroles?
C’est en 1986 que cette chanson écrite par Jean-Jacques Goldman à la demande de Coluche est chantée pour la première fois. Elle représente en quelque sorte l’association créée par l’humoriste en 1985 pour venir en aide à toutes les personnes dans le besoin pendant la période hivernale. Elle est alors chantée tous les ans lors des concerts des « Enfoirés » dont les fonds récoltés sont spécialement destinés à l’association.
Et 26 ans après, l’association est toujours là puisque le 29 novembre 2010, s’est ouverte la 26è campagne des « Restos du cœur » ; ce qui ne ferait probablement pas plaisir à Coluche ; lui qui pensait de façon peut-être un peu trop utopiste, qu’elle serait provisoire….
« J’ai une petite idée comme ça (…) un resto qui aurait comme ambition, au départ, de distribuer deux ou trois mille couverts par jour » disait-il.
Or l’association fournit en 2010 près de 103 millions de repas et héberge dans ses locaux plus de 5700 personnes…le besoin est donc énorme et l’aide apportée par l’association indispensable.
Pour rappel, le but des « Restos du Cœur » est « d’aider et d’apporter une assistance bénévole aux personnes démunies, notamment dans le domaine alimentaire par l’accès à des repas gratuits, et par la participation à leur insertion sociale et économique, ainsi qu’à toute l’action contre la pauvreté sous toutes ses formes ».
Depuis sa création, ce ne sont pas moins d’1 milliard de repas qui ont été distribués dans toute la France. La pauvreté est donc toujours là mais sous des formes diverses.
En 2006, près de 7.9 millions de personnes vivent en France avec moins de 880 euros par mois. (Source : Insee, Les niveaux de vie en 2006).
Et en 26 ans, l’action des « Restos du Cœur » s’est élargie : bibliothèques, ateliers de lutte contre l’illettrisme, sorties culturelles, départs en vacances, ateliers d’insertion ou encore les « Restos Bébés du Cœur » qui viennent en aide aux parents en situation précaire… en 2009/2010, près de 830 000 personnes ont alors été accueillies dans les différents locaux de l’association et ce, toute l’année puisque dès 1988, l’aide des « Restos du Cœur » est également assurée partiellement pendant l’été ; car la pauvreté n’a pas de saison….
Il est cependant important de souligner la forte mobilisation de la population française : l’association compte ainsi plus de 58 000 bénévoles et les dons et legs de l’année 2009/2010 se sont élevés à plus de 65 millions d’euros. En plus de ces dons, un quart des recettes de l’association provient des concerts des « Enfoirés » et de la vente des CD et DVD.
Les concerts sont d’ailleurs de véritables événements nationaux à ne manquer sous aucun prétexte. Chaque année, de nouvelles personnalités, que ce soient des chanteurs, comiques ou acteurs viennent grossir les rangs des « Enfoirés » et chantent devant des millions de personnes les meilleurs tubes de la chanson française.
La notoriété de l’événement ne doit cependant pas banaliser la cause défendue : la pauvreté est une réalité ; et même si la lutte peut être menée en chanson, elle est cependant loin d’être rose à l’instar de la couleur du logo de l’association.
La mobilisation ne doit donc pas faiblir !
Certes, ce sont les hommes politiques qui ont la clef en main pour agir dans ce domaine en mettant en place un réel plan de lutte contre la pauvreté, mais chaque citoyen peut agir à son niveau et avec ses moyens : dons, investissement bénévole, apport alimentaire…l’aide est diverse.
Une nouvelle collecte nationale est d’ailleurs organisée le 04 et 05 mars prochain dans un grand nombre de grandes et moyennes surfaces.
Tâchons alors que la campagne de 2011 qui s’achève le 19 mars soit l’une des dernières en gardant en mémoire ces quelques mots :
« C’est pas vraiment de ma faute si y’en a qui ont faim,
mais ça le deviendrait, si on n’y change rien…. »
Jennifer Lippe 02/01/2011

Sources
- www.restosducoeur.org
- www.enfoires.fr
Passons au tri sélectif Suédois !
Là-bas le tri sélectif est une affaire sérieuse ! Il est même recommandé d’avoir une bonne mémoire et de s’exercer plusieurs fois chez soi avant de jeter ses déchets dans les différents containers du pays. En effet, il y a des containers pour tout : plastiques, papiers, journaux, canettes, restes de nourriture….
Il n’est pas inutile de rappeler que la Suède se distingue particulièrement par des mesures environnementales novatrices et efficaces qui sont d’ailleurs saluées par l’OCDE. Mais ces mesures performantes ne suffisent pas à elles seules à garantir des résultats satisfaisants en matière environnementale. En effet, il faut aussi souligner la forte sensibilisation de la population suédoise au respect de l’environnement.
Les suédois sont-ils alors plus respectueux de l’environnement que les français ? Comment expliquer que le système de tri soit si développé en Suède ? Y a-t-il une conscience environnementale beaucoup plus forte dans ce pays nordique ?
Pour tenter de répondre à ces questions et de mieux nous rendre compte de l’importance accordée au respect de l’environnement en Suède, rien de mieux que le témoignage d’une personne vivant là-bas.
J’ai alors interviewé Pauline Brugière, élève à l’ISC Paris, et qui est partie faire ses études pendant 6 mois en Suède, à Linköping plus précisément (ville du sud-est du pays à moins de 2 heures de Stockholm).
A peine revenue de son épopée nordique, elle me livre donc ses impressions et m’explique alors comment marche le système de tri suédois…. complexe mais efficace !
1) Comment s’effectue le tri sélectif en Suède : combien existe-t-il de containers différents ?
Il existe 8 containers différents : plastique, piles, électroménager, journal, carton, verre, métal, et autres déchets ménagers. Ces containers sont généralement situés à l’extérieur de l’habitat.
2) Comment s’organise le tri à la maison, avais-tu différentes poubelles pour tous les containers ?
J’avais effectivement plusieurs poubelles ce qui me permettait de ne pas devoir retrier mes déchets une fois arrivée devant les containers.
3) Ce tri sélectif n’est-il pas contraignant au quotidien ? Ou du moins ne prend-il pas beaucoup de temps ?
Au départ, ça paraît un peu contraignant mais ça devient très vite naturel. En fait, je dirais que ça demande un peu plus d’espace chez soi pour pouvoir entreposer différentes poubelles mais pas vraiment plus de temps.
4) Est-ce qu’il t’arrivait de te tromper ?
Ayant déjà pré-trié mes déchets en les emmenant à la poubelle, je vérifiais toujours que je mettais les bons déchets dans les bons containers.
Après, il m’est arrivée de jeter des journaux dans la poubelle carton-papier.
5) Comment expliques-tu que le système de tri sélectif soit aussi développé en Suède ?
Les suédois sont-ils plus respectueux de l’environnement que les français ?
Tout d’abord, il est vrai que les suédois sont beaucoup plus respectueux de l’environnement que les français car la nature fait partie de leur quotidien. Il n’y a que 9 millions d’habitants pour une superficie qui est tout juste plus petite que la France. La nature a donc une place importante dans le paysage suédois !
Par ailleurs, les Suédois sont des personnes responsables et se sentent personnellement concernés par la protection de la nature de part leur situation géographique, leur environnement et leur éducation.
6) Les suédois sont-ils davantage sensibilisés au développement durable ?
En Suède, vous ne trouverez que très rarement des déchets à même le sol. Les poubelles sont partout. Le tri sélectif est présent dans tous les restaurants y compris chez Mc Donald. Chaque suédois trie ses déchets et il serait honteux pour un suédois d’essayer de tricher ou de ne pas le faire. Je ne sais pas si lors de leur scolarité ils sont sensibilisés à ces problèmes mais d’après ce que j’ai pu observer, ils semblent beaucoup plus à l’écoute des problèmes environnementaux.
7) Quels sont les moyens utilisés par le gouvernement pour les inciter à être plus respectueux de l’environnement ?
Tout d’abord, en Suède on ne cherche pas les poubelles, il y en a partout ce qui permet de ne pas perdre de temps pour en trouver ou de faire des kilomètres pour jeter ses déchets.
Ensuite, le tri de certains déchets est rémunéré pour inciter la population à trier. Par exemple, à côté de chaque supermarché, on peut trouver des bornes qui récoltent les cannettes. Pour chaque cannette insérée, on reçoit 5 SEK soit environ 0,05 centimes d’euros.
Penses-tu que nous verrons un système de tri aussi développé en France ?
Le tri commence tout juste à se mettre en place partout en France mais je pense qu’avec une bonne sensibilisation de la population à ce genre de problèmes, les Français arriveront à s’adapter. Cela ne demande pas grand-chose : un peu d’organisation pour le ramassage des poubelles et un peu de volonté du côté des Français.
9) Quelles sont les autres pratiques réalisées par les Suédois et qui permettent de mieux préserver l’environnement ?
Pour n’en citer qu’une, les Suédois vont par exemple préférer acheter des yaourts dans une bouteille (type YOP) plutôt que des pots individuels, ce qui permet de moins gaspiller de matière telle que le plastique et donc de mieux respecter l’environnement.
Je vous l’avais dit, le tri sélectif suédois est complexe, il demande beaucoup d’organisation mais il a l’avantage d’être efficace et de faire ses preuves !
Il est alors intéressant de constater que toute la population contribue à son bon fonctionnement de part peut-être une sensibilisation au respect de l’environnement qui commence très tôt à l’école et qui permet au tri sélectif de faire partie du quotidien de ces 9 millions de Suédois !
Alors, à quand un tel système en France ?!
Il semblerait cependant que les mentalités commencent peu à peu à changer en France. Il faut dire que le Grenelle de l’Environnement il y a 3 ans est passé par là. La loi « Grenelle 1 » du 1er Août 2009 avait alors fixé une réduction de 7% des ordures ménagères par Français d’ici 2013. Il faudra alors attendre plusieurs années avant de constater les réels efforts des Français dans ce domaine, mais force est de constater que les habitudes quotidiennes des Français deviennent plus respectueuses de l’environnement : moins d’emballages, réduction du nombre de sacs plastiques qui sont d’ailleurs devenus quasiment inexistants dans les supermarchés incitant ainsi la population à réutiliser ses sacs, achats plus responsables dans le choix notamment de certains produits plus écologiques et moins polluants…la conscience environnementale est de plus en plus forte dans l’hexagone ; 4 français sur 5 prétendent ainsi connaître au moins un geste permettant de réduire leurs déchets.
« Ca bouge! » disait encore Marc Cheverry, chef du service « Prévention et Gestion des déchets » à l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (l’Ademe), le 14 juin dernier à la Maison de la Chimie à Paris. « Il y a un réel changement de perception de la part des consommateurs » continuait-il.
Mais qu’en est-il du tri sélectif ?
On est bien loin de trouver 8 poubelles de tri comme en Suède, mais la France est dans la bonne voie. En effet, la question environnementale fait véritablement partie des préoccupations des Français puisqu’ils la classent 6è dans le classement de leurs principales inquiétudes après le chômage ou encore l’éducation.
Malgré la prise de conscience de l’urgence environnementale, il faut passer à la vitesse supérieure !
La France produit encore 1kg de déchets par personne et par jour en moyenne soit une augmentation de 50% en 40 ans (1). Des déchets aussi variés que le verre, le plastique, les épluchures, ou encore les métaux se retrouvent dans nos poubelles et mélangés ce qui rend très difficile le système de tri.
(1) Lecoinbio.com
Par ailleurs, il existe en plus de nombreuses disparités entre les régions et entre les générations. En effet, les personnes qui habitent dans les zones rurales recyclent 61 kg de déchets par an soit le double que les urbains avec 28 kg de déchets recyclés. De même, les jeunes semblent moins enclins à recycler leurs déchets ; ils ne sont que 41% à les trier chez les 18-24 ans contre 69% chez les +de 65 ans (selon les chiffres de l’ADEME de 2004).
Il est donc important de mobiliser l’ensemble de la population en faveur du tri sélectif par des sensibilisations dans les écoles, dans les entreprises, ou encore en multipliant les campagnes publicitaires et en donnant davantage de moyens aux collectivités pour faciliter le tri sélectif.
Il serait alors prématuré de mettre autant de poubelles de tri sur le territoire français à l’instar de la Suède ; toutefois, il est encore rare de trouver chez les ménages français au moins deux poubelles différentes pour séparer le plastique des autres déchets par exemple……
La prise de conscience de l’urgence environnementale ne suffit plus, il faut maintenant que les paroles se transforment en actes et vite !
Un exemple de sensibilisation en plein cœur de Paris….
Alors que je me balade dans les rues Parisiennes, non loin de la célèbre Comédie Française, je remarque ces drôles d’arbres disposés tout autour d’une fontaine. Les branches normalement composées de feuilles sont remplacées par de nombreuses bouteilles en plastique vides et vertes et des panneaux pour sensibiliser les passants sur le recyclage des déchets sont disposés non loin de là avec pour titre : « Ensemble, recyclons ! ».
Des petits rappels et des chiffres sur le recyclage sont donnés, notamment sur le nombre de déchets recyclés depuis quelques années et sur la quantité d’émissions de gaz à effet de serre qui a ainsi pu être évitée…
Des phrases qui visent à encourager les passants à penser au tri sélectif et à diffuser ce geste simple et quotidien tout autour d’eux pour mieux préserver l’environnement.
A la nuit tombée, ces arbres un peu particuliers s’illuminent de 1000 feux. Ce spectacle écolo qui a nécessité 5000 bouteilles en plastique récupérées a été conçu par le designer Fabrice Peltier (fondateur de la Designpack Gallery) .
Un bel exemple de sensibilisation !
Pour tous les curieux, allez faire un tour du côté de la place Colette dans le 1er arrondissement… ça vaut le détour !
Articles et interview réalisés par Jennifer Lippe le 27/12/2010.

Sources :
-Le Petit futé : Suède de Jean-Paul Labourdette et Dominique Auzias (2009) : www.petitfute.com
-www.lecoinbio.com: « Tri sélectif : les français doivent faire plus d’efforts » publié le 21/04/2009 par Laura Guterrez.
-www.lexpress.fr : « Les Français mobilisés sur le tri sélectif » par Thomas Guien, publié le 16/06/2010.
Sanofi-aventis ou comment intégrer la responsabilité sociale dans son réseau de distribution ?
Sanofi-aventis en bref…
Sanofi-aventis est un groupe pharmaceutique né en 2004 de la fusion du groupe français Sanofi Synthélabo avec le groupe franco-allemand Aventis. Le groupe dispose d’une large gamme de médicaments et de vaccins dans le but d’apporter des solutions thérapeutiques et d’améliorer la santé de chacun. En 2009, Sanofi-aventis a réalisé un chiffre d’affaire de 29,3 milliards d’euros faisant du groupe le n°1 en France et en Europe et le 5ème au niveau international.
Sanofi-aventis et la RSE…
Impliquée depuis 2001 dans une logique de développement durable, Sanofi-aventis intègre également les principes RSE dans nombre de ses activités. Ainsi, depuis quelques années, le groupe a pour objectif d’optimiser ses réseaux de distribution dans le but de diminuer ses frais et de limiter son empreinte écologique en réduisant ses émissions de CO2 .
Pour ce faire, le groupe pharmaceutique a décidé de limiter l’envoi de produits de santé par voie aérienne et de privilégier les expéditions maritimes entre les principaux sites de distribution du groupe. En réduisant ainsi les transports intercontinentaux et nationaux de marchandises par avion, Sanofi-aventis a ainsi pu réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
Une étude montre que le coût de transport d’une palette d’Europe vers les Etats-Unis est divisé par 5 lorsque celui-ci se fait par voie maritime plutôt que par voie aérienne. On remarque également que la quantité de CO2 émise pour une palette transportée a été divisée par 32 lorsque son transport est effectué par bateau. Au final, entre 2005 et 2007, Sanofi-aventis a pu économiser 10 millions d’euros et a réduit de 50 000 tonnes ses émissions de CO2 !
Mais le passage à des transports moins énergivores ne concerne pas uniquement les flux intercontinentaux, les transports en amont sont également concernés. En effet, toutes les expéditions maritimes au départ de la France se font depuis les ports du Havre et de Marseille. Les marchandises y sont alors amenées par barges pour le Havre et par voie ferroviaire pour Marseille. Le transport routier est alors réduit au profit de modes de transports plus économiques et plus écologiques.
Ces actions sont encouragées par le groupe dans l’ensemble des pays où il est présent. En 2009, les expéditions par rail ou par barge représentaient 96% des expéditions vers le Havre et vers Marseille. Sanofi-aventis a alors reçu en 2009 le Trophée Ile-de France et le Trophée national « Grands Groupes » de la performance logistique Aslog comme récompense de ces bonnes pratiques. Le groupe pharmaceutique ne s’arrête pourtant pas là. Sanofi-aventis envisage maintenant de s’attaquer au transport de marchandises dans Paris et d’utiliser des vélos plutôt que des camionnettes pour livrer les officines. Encore un bel exemple de responsabilité sociale de la part de Sanofi-aventis !
Anne-Victoria Duclaux

www.aslog.fr/UserFiles/file/transport_fluvial_et_optimisation_des_r%C3%A9seaux_de_distribution_.pdf
www.sanofi-aventis.com/rse/planet/climat/actions/modes_transport.asp
www.sanofi-aventis.com/rse/people/salaries/politique/politique.asp
www.faq-logistique.com/Communique-presse20091126-ASLOG-Trophes-Nationaux-Performance-Logistique.htm
Responsabilité Sociale de l’Entreprise – Rapport 2009 – Sanofi-aventis
Interview de Manon Bruchet, participante à SIMONU (honorable déléguée de l’Allemagne)
Repor’Terre: Quelle a été ta principale motivation afin de participer à Simonu?
Manon: J’étais avant tout très curieuse! Simonu est l’évenement incontournable à Euromed Management. 280 personnes participaient cette année! Je trouvais intéressant de voir comment se déroulent les prises de décision aux Nations-Unies et quelles sont les règles (par exemple le vouvoiement, le « dress code », le silence en séance formelle). Je pensais aussi que cette simulation serait une bonne occasion d’améliorer mon leadership, mes compétences en matière de négociation et de mettre à profit mon intérêt pour la géopolitique.
Enfin, le thême de l’éducation m’intéressait tout particulièrement: c’est un enjeux considérable d’autant plus qu’investir dans l’éducation garantit aussi une progression de la santé, de la démocratie, de la paix… 171 millions de personnes dans le monde pourraient échapper à la misère si elles quittaient l’école munis de compétences de base en lecture!
Repor’Terre: Quels ont été, selon toi, les moments forts?
Manon: Chaque minute est un moment fort puisqu’il faut négocier et faire valloir ses intérêts sans arrêt pendant deux jours, en séances formelles comme informelles. C’est ce qui fait que l’expérience est inoubliable: une sorte d’adrénaline continue…
Néanmoins le moment du vote des résolutions a été particulièrement fort puisqu’il s’agissait de savoir si ces deux jours épuisants allaient aboutir, même de manière fictive, sur la mise en oeuvre d’actions concrêtes de la part des Etats!
Repor’Terre: Y a t il des difficultés? Lesquels?
Manon: Le manque de temps est l’une des principales difficultés. Il faut parvenir très vite à un accord et rassembler de nombreux pays pour avoir une chance de voir aboutir la résolution. De plus, il est nécessaire de respecter la position de son pays : l’Allemagne est le coeur, le moteur de l’Europe et est très généreuse en matière d’éducation. Il fallait donc prendre en compte ces éléments et négocier en conséquence. Le plus dur est sans doute d’accepter de faire des concessions: l’Allemagne a ainsi du renoncer à une taxation des transactions financières au profit d’un financement de l’éducation à partir d’un pourcentage sur le PIB qui convenait à une plus grande majorité de pays européens.
Il fallait également se répartir les tâches au sein de la déléguation pour optimiser l’avancée des négociations, ce qui n’était pas toujours évident.
Repor’Terre: Que retires tu de cette expérience?
Manon: Cette expérience a été inoubliable! Elle m’a permit de mieux comprendre les enjeux mondiaux en matière d’éducation, de voir comment fonctionnent les institutions internationales et quelles sont les difficultés pour prendre des décisions à grande échelle. Simonu a également été un bon moyen d’améliorer certaines de mes compétences: l’écoute, la communication, l’improvisation, l’adaptation, l’ouverture d’esprit, l’aisance à l’oral et le travail d’équipe! A cela s’ajoutent des rencontres formidables et une expérience enrichissante, y compris sur le plan professionnel…
Repor’Terre: Si tu ne devais revivre qu’un seul moment de cet évènement, quel serait il?
Manon: L’un de mes discours! J’ai beaucoup aimé prendre la parole pour faire valoir les intérêts de l’Allemagne. J’aimerai aussi recommencer le vote des résolutions en espérant que celle que j’ai défendue avec tant d’acharnement obtienne, cette fois ci, la majorité des voies…
Pour finir, je souhaiterais félliciter les délégations gagnantes et remercier toute l’équipe organisatrice. A l’année prochaine!
Interview réalisé par Florence IOOS


Un samedi matin à Simonu…
Alors que j’arrive vers 10H à l’école Euromed Management ce samedi 04 décembre 2010 pour couvrir L’événement de cette fin d’année, je croise des étudiants en costumes qui parlent, débattent, les tons montent, des accords se nouent…l’aventure Simonu a bien commencé et tous les participants qu’ils soient élèves d’Euromed ou élèves de classe préparatoire venus de la France entière semblent prendre à cœur leur rôle de représentants d’une des 50 délégations…..mais chut, il ne faut pas faire de bruit, ils négocient !
Entre deux séances formelles, je ne peux pas interroger les étudiants participant ; j’en profite alors pour interviewer un membre de l’équipe organisatrice, Matthieu Pheline, élève en ESC Master qui me livre ses impressions sur la 5ème édition de cette simulation des Nations-Unies qui se déroule à Euromed Management….
1) Qu’est-ce que Simonu
Simonu est une simulation des Nations-Unies qui réunit des élèves d’Euromed et de classes préparatoires répartis en 50 délégations pour mener pendant 2 jours des négociations intenses autour d’un thème précis.
Cette année, le thème est l’éducation primaire pour tous dans le cadre de l’Objectif du Millénaire pour le Développement n°2.
Les périodes de négociations dans les couloirs de l’école sont entrecoupées de sessions en amphithéâtre (appelées séances formelles) pendant lesquelles les délégations font état de l’évolution de leurs négociations devant toutes les autres délégations. Le but ultime de la simulation est de rédiger puis de voter une résolution comme le font les diplomates à l’ONU.
2) Depuis combien de temps préparez-vous l’événement ?
Le gros du travail a commencé depuis septembre dernier, notamment en matière de communication, mais nous réfléchissons déjà sur l’événement et sur son déroulement depuis janvier 2010. En fait, dès qu’une édition se termine, il convient de dresser un bilan pour mieux préparer la prochaine édition.
3) Comment s’effectue le choix du thème ?
C’est la commission (composée de l’équipe de Simonu) et plus particulièrement la chef de projet (Julie Remy) et le responsable sensibilisation (Nicolas Mayet) qui suggèrent deux ou trois thèmes potentiels à l’administration en défendant celui qu’ils préfèrent. De nombreuses recherches sont nécessaires pour choisir un thème suffisamment important pour être commun à 50 pays. Enfin, l’administration prend la décision finale en sélectionnant un thème dans la liste proposée.
4) Combien êtes-vous dans l’équipe organisatrice ? Quel est le rôle de chacun de ses membres ?
Nous sommes 9 étudiants d’Euromed Management à préparer l’événement avec des membres de l’administration.
Parmi l’équipe, il y a le responsable sensibilisation qui est le président de l’assemblée ; c’est lui qui mène les débats. Le secrétaire général rappelle les règles et le secrétaire affiche la liste des orateurs amenés à s’exprimer au micro lors des séances formelles qui réunissent toutes les délégations.
5) Quel est ton rôle personnellement au sein de l’équipe ?
Je m’occupe de toute la logistique, notamment la gestion des bus, des vestiaires etc.…
6) Combien peut-on compter de participants ?
Il y a à peu près 130 élèves d’Euromed Management et 115 élèves de classe préparatoire venus de la France entière et qui sont en 2è année.
7) Ont-ils été préparés à l’événement ?
Oui, les élèves d’Euromed ont reçu 3 séances de pré-simulation pour leur apprendre notamment comment rédiger un projet de résolution ou encore comment bien s’exprimer. Il y a deux semaines, ils ont reçu la constitution des équipes et le pays qui leur avait été attribué après tirage au sort et ce, afin de commencer à réunir toutes les informations indispensables concernant le pays pour traiter le sujet.
Les élèves de classe préparatoire quant à eux, ont reçu un document PDF leur précisant les règles du jeu et le pays qui leur avait été attribué.
Sur quels critères les 50 pays ont-ils été sélectionnés ?
L’objectif était d’essayer d’avoir une véritable diversité : des pays de toute taille et de situations économiques diverses. Généralement, on retrouve une grande majorité de pays d’une année sur l’autre. Environ 1/3 des pays change tous les ans.
9) Qui compose le jury ?
Parmi les membres du jury, nous pouvons compter des professeurs et des membres de l’administration d’Euromed tels que Mr Fréderic Prévot (professeur en stratégie d’entreprises), Mr Carteron en charge de la responsabilité sociale à Euromed.
Des représentants de l’UNRIC (United Nations Regional Information Center) sont également présents comme Mr J.P Bugada ; ainsi que des journalistes du « Journal des Grandes Ecoles » ou de « l’Espace Prépa » par exemple.
Des membres de l’UNICEF et d’Aides et Actions constituent également les membres du jury de cette 5è édition.
10) Comment se déroulent ces 2 jours de simulation ?
Simonu a commencé hier (vendredi 03 décembre) à 14H par un discours de Mr Belletante, directeur général de l’école et de Mme Guéret responsable de l’événement.
Les négociations ont commencé dès 15H et se poursuivent tout au long de ces 2 jours. Il y a en tout 50 délégations, composées chacune de 5 délégués, qui représentent toute un pays du globe. Ces délégations vont négocier entre elles et rédiger des avant-projets de résolution sur le thème.
Ces avant projet sont le résultat des négociations. Les délégations retranscrivent par écrit les différents points sur lesquels elles se sont mises d’accord. Ce sont en quelque sorte des contrats que les pays signataires s’engagent à respecter pour solutionner le problème. Ces avant-projets contiennent ainsi un ensemble de décisions et d’actions qui seront mises en place pour permettre d’atteindre l’objectif d’éducation pour tous. Cet avant projet est ensuite corrigé par le bureau de la présidence (le président, le secrétaire général et le secrétaire) pour qu’il respecte sur la forme les normes onusiennes. Plus précisément, ici, ces avant projets sont évalués sur des critères tels que le respect de la position initiale du pays ou encore la capacité des participants à dépasser l’approche « franco française » par exemple.
Une fois corrigé, cet avant projet devient projet de résolution et après d’éventuelles fusions entre des projets similaires, ils sont soumis au vote. Si un avant projet de résolution obtient alors la majorité des voix, un projet de résolution est adopté et devient par conséquent une résolution. Tous les engagements qui sont mentionnés devront dès lors être respectés par l’ensemble des pays.
Le but n’est alors pas que les délégations présentent chacune de façon isolée un avant-projet de résolution mais qu’elles trouvent ensembles un consensus et se rassemblent autour de propositions communes.
Les observateurs (les membres du jury) vont également prêter une attention particulière aux orateurs de chaque délégation et sur leur capacité à faire preuve de persuasion dans leurs négociations.
11) Nous sommes le samedi 04 décembre, il est 10H30, est-ce que pour le moment une délégation se démarque des autres?
Oui certaines délégations se démarquent, notamment l’Ethiopie ou encore l’Iran qui suit bien la position actuelle du pays en commençant par exemple chacune de ses interventions à la tribune par « Oh Dieu miséricordieux » !
12) Quels sont les prix décernés et les lots pour les gagnants ?
Cette année, 3 délégations vont être désignées gagnantes.
Pour les délégations arrivées en 2è et 3è position, les participants vont gagner des lecteurs MP4 de notre partenaire la Société Générale ainsi que des enceintes d’i-pod et des parfums Hugo Boss.
Pour la délégation victorieuse, elle aura le privilège de gagner un voyage à New York.
2 prix individuels vont également être décernés : un prix pour « l’ambassadeur du changement ». Il va récompenser 2 participants qui auront fait preuve d’une grande force de négociation et qui auront su tenir la position officielle de leur pays. Un notebook leur sera alors offert par Carrefour.
13) Quels sont les principaux problèmes que vous avez pu rencontrer dans l’organisation de cet événement ?
Pour ma part, j’ai pu rencontrer des problèmes logistiques tels que des désistements de dernière minute ou des problèmes de transport pour faire venir les élèves de classe préparatoire (retards de train) par exemple.
14) Un dernier mot en tant que membre de l’équipe organisatrice de Simonu ?
Je conseille à tous les élèves d’Euromed et de classe préparatoire de venir participer à cette magnifique aventure !
Après cette interview riche en renseignements, je me dirige vers l’amphithéâtre où a commencé une séance formelle. Il est 11H, je m’assois discrètement et observe les orateurs de chaque délégation qui s’avancent sur l’estrade et annoncent au micro les propositions de leur délégation.
En écoutant ces discours, je remarque alors que des membres de l’équipe organisatrice d’Euromed, dont Matthieu Pheline, s’activent pour passer dans les rangs et distribuer des petits papiers aux membres de certaines délégations. J’apprends alors que tout bavardage est interdit pendant les séances formelles en amphithéâtre. Pour permettre aux délégations de communiquer entre elles, elles utilisent des carnets et s’envoient des petits mots écrits sur papier. Ces mots sont des propositions écrites entre pays pour tenter de rallier plusieurs délégations à leur projet. Tout au long de cette séance formelle, des petits mots de la sorte vont circuler dans l’hémicycle par l’intermédiaire des membres de l’équipe organisatrice de Simonu qui sont alors nommés « rapporteurs ».
A la tribune, les délégations n’ont qu’1 minute 30 de parole pour énoncer leurs propositions et tenter de convaincre les autres pays. Le ton est très formel et chaque discours commence et se termine de la sorte « honorables délégués… ». Certains orateurs se démarquent par leur ton convaincant et les mesures très concrètes qu’ils énoncent. Des unions émergent au fur et à mesure. Il est alors passionnant d’écouter ces orateurs discourir sur leurs propositions et de les défendre avec autant de conviction. Chacun est vraiment dans son rôle et j’en oublierais presque que ce sont des élèves d’Euromed et de classe préparatoire et non des négociateurs des Nations-Unies présent devant moi !
Vers 12H, la séance formelle est suspendue jusqu’à 13H30.
C’est la pause déjeuner et j’en profite pour aller interroger un étudiant participant. Nicolas Paccard, étudiant d’Euromed, et membre de la délégation de l’Irak répond alors à mes questions :
1) Quelle est ta première impression sur le jeu ?
Le jeu est très intéressant. Je pense qu’il nous permet vraiment de prendre conscience des problèmes qui existent quand les nations veulent prendre des décisions au niveau international. C’est aussi une bonne mise en situation des négociations qui peuvent avoir lieu au siège des Nations Unies.
D’ailleurs, je ne pensais pas que le jeu se déroulerait de façon aussi formelle; chacun était vraiment dans son rôle et respectait les règles des Nations-Unies comme s’il y était !
2) Parle-nous de ta délégation : quel pays représentes-tu ? Quel est ton rôle au sein de cette délégation ?
Ma délégation est l’Irak. Nous sommes 5 personnes dans l’équipe. Généralement, deux personnes sont chargées de gérer les papiers qui circulent lors des séances formelles ; une personne (communique avec le jury) prépare le discours et le lit à la tribune et une autre gère les négociations avec les pays.
Lors des séances formelles, nous n’avons pas le droit de communiquer entre nous, donc ceux qui sont chargés d’écrire et de recevoir les papiers sont les seuls à préparer les négociations et à intervenir dans le choix des alliances. Ils ont donc besoin de connaître parfaitement la position de notre délégation et de faire partager la position commune aux autres pays pour tenter de les rallier à nos propositions.
3) En parlant de propositions justement, quelles sont celles faites par l’Irak ?
L’Irak prône la réforme de la Fast Track Initiative, le programme lancé par l’ONU en 2002 qui avait pour objectif de respecter l’engagement du 2ème objectif du millénaire. Ce système a fait ses preuves, mais il a seulement été handicapé par les différentes crises depuis 2005.
Ce que l’Irak propose en ce moment est de mobiliser à nouveau les pays du monde qui ont cru en ce programme en 2002.
Ce programme nous semble bon car il permet aux Etats qui veulent créer un système éducatif, de le déterminer eux-mêmes (avec leurs valeurs, leur culture).
Il permet ainsi aux pays pauvres de mettre en place leur propre système sans dépendre d’un autre Etat. Toutefois, ils peuvent bénéficier d’une aide financière pour le faire puisque les projets créés par les Etats pauvres sont financés à moitié par un fond mondial (déjà existant) et par un pays donateur de leur choix qui les supportera et leur donnera des conseils.
4) Quels sont les problèmes que vous pouvez rencontrer dans vos négociations ?
Plusieurs problèmes ne nous permettent pas de mener nos négociations de façon optimale car nous avons pu observer que certaines personnes avaient déjà négocié avant le début de Simonu ce qui a créé des alliances avant même que le jeu ne commence.
D’autre part, j’observe que certaines délégations sont réellement campées sur leurs positions et leurs idées et ne veulent pas changer de direction. Il y a un relatif manque d’écoute entre les pays lors des sessions formelles ; personne ne vient par exemple voir l’Irak ni ne semble s’intéresser à nos propositions (à l’exception de l’Iran et du Maroc qui ont su nous écouter), ni même voir comment nous voulons procéder. Dans ces circonstances, il est parfois difficile de négocier et de construire quelque chose.
Par ailleurs, nous trouvons que les propositions faites ne prennent pas assez en compte l’urgence de la situation : dans 5 ans, il serait indispensable que tous les enfants du monde soient scolarisés. Et ce n’est pas en prenant des décisions au cas par cas à l’échelle d’un pays ou d’une région du monde que l’on arrivera à prendre une décision digne des Nations-Unies, c’est à dire une décision qui implique tous les pays du monde.
Enfin, le temps accordé pour chaque délégation au micro lors des séances formelles est très court (1min30) ce qui nous laisse peu de temps pour bien expliquer nos propositions.
5) Pourquoi as-tu voulu participer au jeu ?
Je savais déjà que le jeu existait en classe préparatoire et j’ai toujours voulu y participer car je m’intéresse beaucoup à l’actualité internationale et je suis assez curieux à l’idée de comprendre comment s’organise le pouvoir dans de telles instances internationales. C’est aussi l’aspect « négociation » qui m’a donné envie d’essayer, et je pense que cela va me faire progresser.
6) Quels sont tes impressions quant à la suite des négociations pour ta délégation?
Je suis assez pessimiste pour le projet porté par l’Irak. Un certain nombre de pays sont en train de nous lâcher.
7) Conseillerais-tu à un élève de classe préparatoire de venir à Euromed pour participer à ce jeu ? Pourquoi ?
Comme je l’ai déjà dit, je connaissais déjà l’existence de ce jeu en classe préparatoire et le concept du jeu m’intéressait beaucoup. Maintenant que j’y ai gouté, je ne peux qu’inciter les élèves à le faire. D’abord parce que je trouve que cela permet aux élèves de faire un vrai break avec la classe préparatoire. Les élèves de ma délégation par exemple étaient ainsi très heureux d’avoir participé au jeu car ils ont pu quitter leur quotidien pour venir à Euromed Management.
Ils ont pu par ailleurs se rendre compte en venant ici de ce qu’est une école de commerce en discutant avec les étudiants de l’école présents. Rien que pour cela, je pense que c’est déjà très enrichissant notamment pour préparer les oraux d’admissions !
Ensuite, je les incite à venir pour le jeu en lui-même car en plus de les sensibiliser à une cause importante, le jeu est une vraie leçon de géopolitique et de relations internationales. En effet, en plus du travail qu’ils réaliseront sur leur propre pays, ils auront l’occasion de parler avec des représentants d’autres pays du monde et d’en apprendre plus sur leur situation.
Enfin, c’est un jeu, il y a donc une équipe gagnante avec un départ à New York à la clé, et cela motive car il faut être le meilleur en négociation !
Je pense donc que le jeu est un très bon apprentissage car on se rend vite compte de ce qui marche et de ce qui ne marche pas ; on apprend aussi beaucoup à s’adapter, à écouter… c’est une très bonne leçon de négociation !
Il est 13H30, une autre séance formelle commence. Les négociations s’annoncent difficiles ; il ne reste plus qu’une après-midi aux délégations pour rallier un maximum de pays à leurs propositions….qui sera le plus convaincant ?
Réponse ce soir….en attendant, bonnes négociations « honorables délégués » !
Article et interviews réalisés par Jennifer Lippe

Sensibiliser les enfants au respect de l’environnement : le nouveau défi de Yann Arthus-Bertrand
Nouveau projet pour la fondation GoodPlanet présidée par le photographe Yann Arthus-Bertrand qui se lance dans la construction de « Maison du Changement ».
La première maison pourrait ouvrir ses portes en 2012 dans la Marne près du Lac de Der. La fondation GoodPlanet souhaiterait par la suite ouvrir une vingtaine d’autres Maisons du Changement afin que chaque région de France possède la sienne.
Ces Maisons du Changement auraient pour vocation d’accueillir toute l’année des élèves de classes vertes et des enfants défavorisés durant l’été. Les enfants seraient alors sensibiliser à la protection de l’environnement et apprendraient comment polluer moins et comment mieux préserver les ressources.
Pour la première Maison du Changement dans la Marne, le budget s’élèverait à environ 5 millions d’euros. Les activités pédagogiques auraient lieu dans les locaux vides de la Maison de l’oiseau et du poisson tandis que les enfants seraient hébergés dans un bâtiment neuf construit dans le respect du cahier des charges de la fondation GoodPlanet.
Cette fois-ci, Yann Arthus-Bertrand lance un projet tourné vers les enfants mais il n’en reste pas moins ambitieux comme tous les projets du photographe. On lui souhaite bonne chance !
Anne-Victoria Duclaux

On the 26th November there was once more a first aid class for students on the Euromed campus. Just like in the last years the project “Coup de Pouce”, which belongs to the association Unis Terre, organised this class.
The class took place on the evening of the 26th and the morning of the 27th November. The teacher was a qualified volunteer from the organisation “Croix Rouge”. Thanks to a partnership with “La Banque Populaire” the class was very low priced – the 10 participants had to pay only 10 Euros for the two days.
But what exactly was this course actually about? The overall objective was to learn how to behave in cases of emergency. On the one hand this means what to do first when there is a car accident, but there are also incidents in the everyday life, where such knowledge can be beneficiary. So the students learnt for example the right behaviour concerning a dizzy spell in the street and a gas poisoning. In order to proof their new knowledge, the students were awarded with a certificate signed by the “Croix Rouge” in the end of the two days.
Just like in the last year the students liked the class a lot. The class was very small, which made a lot of interaction between the teacher and each student possible. And the best: Now the students have the impression to be prepared to handle a case of emergency!
The next class will take place in February 2011. The only difference to the course described in this article will be the size of the group of students. Instead of 10 places there will be 20 places available.
Tanja Schomann

Petite brève de Noël
Mercredi 1er décembre, plus de 150 enfants issus de foyers sociaux de Marseille sont venus fêter Noël dans les locaux d’Euromed Management. En effet, comme tous les ans depuis près de 40 ans, le projet étudiant l’Arbre de Noël organise une grande journée pour ces enfants qui n’ont pas toujours la chance de passer les fêtes de Noël.
Parrainés par des étudiants d’Euromed Management, les enfants, par groupe de trois, sont allés d’atelier en atelier pour passer un après-midi de découverte et de détente. Pour l’occasion, l’ensemble des associations étudiantes de l’école se sont mobilisées pour proposer des activités aux enfants. Pendant que les graines de chanteurs allaient s’essayer au micro de la web radio de l’école, les footballeurs en herbe allaient discuter ballon avec les joueurs de l’équipe de réserve de l’OM alors que d’autres partaient à la découverte de légumes étranges avec l’association culinaire.
Grâce à l’Arbre de Noël, les enfants ont pu rencontrer le Père Noël et ont eu la chance d’assister à un spectacle.
Alors même si Johanna, 5 ans, n’a pas pu se faire maquiller en licorne, il semblerait que tous les enfants aient passé une très agréable journée faisant de nouveau de cet évènement un franc succès !
Anne-Victoria Duclaux

Un petit aperçu de Simonu…..avant l’ouverture des négociations
Interview de Fanny Pesin
Gagnante de l’édition 2009 de Simonu
- Peux-tu nous présenter le jeu SimONU ? En quoi consiste-t-il ?
SimONU est une simulation d’une Assemblée Générale des Nations Unies dont le but est de négocier entre pays sur une problématique d’ordre mondial afin d’obtenir le plus large consensus autour d’une résolution, qui rassemble différents solutions au problème. Les participant sont répartis en délégations, représentant chacune un pays. Un grand jeu de rôle en définitive mêlant négociation, diplomatie et travail en équipe entre euromédiens et élèves de classes préparatoires. SimONU a rassemblé 238 participants en 2009 et nous en attendons 280 cette année (le 3 et 4 décembre à Euromed).
En 2009, le sujet portait sur le réchauffement climatique. Cette année, les débats porteront sur le 2ème Objectif du Millénaire pour le Développement qui concerne l’éducation. L’objectif est de donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires. Comment peut-on atteindre cet objectif ?
Pour en savoir plus :
http://simonu.fr/nos-simulations/simonu/
http://simonublog.wordpress.com/
- Quelles ont été tes motivations pour y participer ?
SimONU, c’est un événement à ne pas manquer ! L’engouement autour de l ‘événement est très motivant ! J’ai souhaité participer à SimONU afin de mettre à profit mon intérêt pour la géopolitique. Je suis une passionnée des problématiques internationales et participer à SimONU me permettait de devenir ambassadrice du changement : il ne s’agit que d’un jeu mais les enjeux sont bien réels.
De plus, le sujet de l’an dernier concernait le réchauffement climatique, une problématique qui m’intéresse énormément. Imaginer des solutions sur cette thématique et pouvoir négocier avec d’autres étudiants ayant des points de vue différents du mien m’a vraiment donné envie de participer au jeu.
- Quels furent tes atouts majeurs pour gagner ?
Ce qui m’a permis d’être visible auprès des autres délégations et donc au final d’avoir de meilleures chances de gagner, est, entre autres, ma capacité d’écoute des autres lors des négociations. Lors des séances informelles, pour arriver à faire passer ses propositions, il faut d’abord écouter les positions des autres pays et déterminer comment leur apporter mon aide. Pour cela, des capacités de réactivité ainsi que d’improvisation et d’adaptation me paraissent essentielles pour pouvoir réagir rapidement lors des négociations, qui se déroulent d’une manière très rythmée.
D’autre part, la communication avec les autres membres de ma délégation a été très importante pour rester au courant des trames des négociations. Il est nécessaire de communiquer régulièrement avec les autres pour savoir avec quels pays ils ont négocié, ce qu’il en est ressorti et ce qu’il reste à faire, mais également pour avoir une idée globale sur les négociations entre tous les pays afin de cerner les pays leaders qu’il faudra rallier à sa cause.
Enfin, des atouts d’aisance à l’oral sont aussi un plus certain pour négocier et amène véritablement une écoute des autres et un leadership naturel (lors des groupes de négociation, savoir prendre la parole devant tous notamment). Ces qualités d’orateur sont d’autant plus précieuses en séances formelles lors des discours pour être mieux écouté et reconnu par tous.
Bien entendu, la préparation au sujet, l’établissement d’une stratégie, la connaissance des autres pays, l’ouverture d’esprit et la diplomatie sont également des atouts nécessaires pour gagner.
- Comment as-tu vécu cette expérience pendant son déroulement ?
Mon équipe représentait les Maldives : nous étions 2 euromédiens (Korioun Khatchadourian et moi-même) et 3 élèves de classes préparatoires.
Le jeu a débuté le vendredi après-midi par différents discours (sessions formelles). Les échanges ont ensuite démarré jusqu’à la résolution d’avants projets, devenant des résolutions prêtes à être votées le samedi soir.
Concernant le thème, il était très intéressant à traiter. En tant que délégation des Maldives, nous représentions une nation directement touchée par le réchauffement climatique. En effet, les Maldives sont directement touchées par la montée des eaux, il suffirait d’un mètre pour que l’archipel se retrouve sous les eaux. Ainsi, nous avons pu rassembler de nombreux pays à notre cause et être force de propositions.
Le jeu est très prenant car nous nous mettons vraiment à la place d’un diplomate et faisons notre possible pour défendre les intérêts de notre pays. Pour cela, une préparation en amont est nécessaire, tant sur l’histoire, la géographie du pays que sur sa politique intérieure et extérieure ainsi que sur les grandes questions d’actualité. Le comportement Onusien est de rigueur : il faut agir de manière diplomatique tout en négociant pour arriver à rédiger un projet de résolution devant être adopté par le plus grand nombre. A la fin du premier jour, l’excitation est à son comble, tous les joueurs sont rentrés dans la peau d’un diplomate et nous avons tous qu’une hâte : être le lendemain pour continuer les négociations.
Au terme de ces négociations, un jury d’observateurs (professeurs, représentants d’ONG internationales…) qui est présent tout le long de la simulation élu la meilleure délégation.
Ainsi, je décrirais cet événement comme une simulation réaliste et enrichissante mais aussi des rencontres, des moments forts durant ces deux journées, de l’excitation, des nuits blanches : une expérience inoubliable !
- As-tu rencontré des difficultés pendant le jeu ? Si oui, lesquelles ?
La principale difficulté du jeu est le manque de temps : en 1 jour ½, nous devons exposer nos propositions, négocier avec la majorité des pays présents, trouver un consensus, rédiger une résolution. Il faut ainsi être bien préparé pour savoir, dès le début du jeu, avec quels pays négocier, connaître leurs propositions… Malgré la fatigue, nous devons être tout le temps efficaces dans les négociations mais également en cessions formelles.
La coordination dans l’équipe est très importante : en effet pour négocier au mieux, les délégations se séparent pour voir différents pays. Il est donc nécessaire de privilégier une bonne communication interne et une répartition des tâches claire au sein de l’équipe pour savoir où en sont les négociations, quelles sont les propositions en cours …
Enfin, une difficulté importante mais très enrichissante est le fait de sortir de l’état d’esprit franco-français pour adopter le point de vue d’un pays que l’on ne connaît pas. Les propositions, façons de négocier… de la Chine par exemple ne peuvent être identiques à celles de la France.
- Quelles sont tes impressions de gagnante ? Qu’as-tu remporté ?
Je suis très heureuse d’avoir gagné.
Korioun et moi même avons gagné un billet d’avion pour New York pour participer, avec les membres de l’équipe SimONU, au National Model United Nations, dont une partie se déroule au siège des Nations Unies ! Il s’agit d’une des plus grandes simulations internationales : s’y rassemblent pendant 5 jours pas moins de 5000 participants venus d’écoles du monde entier et répartis dans différents comités et commissions (General Assembly, WHO, IAEA, UNESCO, OTAN…). J’y retournerai en avril, en tant que membre de la commission SimONU, avec toute l’équipe pour représenter les Emirats Arabes Unis.
- Sur quels mots terminerais-tu cette interview pour donner envie aux étudiants de l’école de participer à cet événement les années suivantes ?
SimONU est une expérience très enrichissante : elle nous permet d’aborder des problématiques internationales en prenant le point de vue d’un pays qu’on ne connaît pas forcément. Elle permet d’avoir une vision plus précise des institutions internationales et de comprendre la difficulté d’une prise de décision au niveau mondial du fait des divergences de positions des pays. En plus, cela nous permet de développer son ouverture d’esprit, sa capacité d’écoute, son leadership, ses compétences en négociation ou en prise de parole : une expérience unique de confrontation à la diversité et à la complexité !
Je conseille à tous les étudiants de la vivre, d’autant plus qu’elle est très valorisante sur le plan professionnel.
Sarah Noui
Interview GR5 & Environnement
L’été dernier trois jeunes euromédiens : Jérome Rose, Gilles Crouillère et Hugo Moronval sont partis à l’aventure dans le paysage alpin. Ils ont fait un voyage de 17 jours au cœur du développement durable et de la protection de l’environnement. Nous avons donc eu envie d’aller à la rencontre de ces étudiants afin de comprendre leur démarche et de partager leur expérience.
1) Repor’Terre : Vous avez décidé de partir à l’aventure dans le milieu Alpin. Quel a été votre déclic ?
Hugo : Ayant passé de nombreux séjours (été ou hiver) dans les Alpes, adepte de défis sportifs, la perspective de la randonnée pour traverser le massif m’a séduite.
2) Repor’Terre : Pourquoi cet endroit ?
Hugo :Tout d’abord parce que j’apprécie la montagne pour la sensation d’évasion que cette espace procure de par sont immensité, et par l’aspect « vierge » qui se dégage des espaces montagneux. J’aime également les aspects culturels qu’on trouve au sein du milieu Alpin (« l’esprit montagne »).
3) Repor’Terre : Quel message vouliez vous faire passer ?
Hugo : Les Alpes sont un espace exceptionnel du territoire français et européen qui à beaucoup évolué sous l’influence de l’homme et qui à subit de nombreux aménagement. Le massif Alpin est un territoire qu’il faut préserver, du moins que son évolution et son aménagement doivent être pensés au risque d’en perdre une grande partie de ses richesses. Notre message se porte sur une sensibilisation du public à cette perspective, mais également sur le fait que des hommes et des organisations travaillent dans ce sens, nous voulions le montrer.
4) Repor’Terre : Aviez vous battis au préalable un programme ou êtes vous parti à l’aventure ? En d’autres termes, aviez vous des objectifs à atteindre ou vouliez vous allez le plus loin possible ?
Hugo : Le parcours était établi. Certaines villes sur le parcours étant notamment sujettes à être le lieu de rencontre avec des acteurs du milieu alpin.
5) Repor’Terre : Quelles ont été les difficultés en amont du projet ?
Hugo : Convaincre les partenaires (notre projet n’ayant ni de vocations, ni de débouchés commerciaux).La concrétisation et la viabilité des contacts avec les acteurs, notamment institutionnels n’ayant pas forcément de disponibilités pour répondre à nos demandes, ou certains étant avares en communication s’agissant de l’environnement et de l’aménagement du territoire.
Florence Ioos

Osons la solidarité internationale : un acte réfléchi ! Un acte nécessaire !
Du 13 au 21 Novembre 2010 a eu lieu à Marseille la 13ème édition de la Semaine de la Solidarité Internationale. Différentes associations de Marseille se sont réunies pour faire découvrir leurs actions en faveur de la solidarité internationale. Au programme : stands, expositions, conférences, animations et projections de films.
La semaine s’est ouverte avec le flashmob de l’association Unis-Terre d’Euromed Management au marché de Noailles. Les projets Vi, Reads, Children of Asia, Comédor et Tudo Bem ont montré, à travers une chorégraphie efficace, la force de leur engagement et leur volonté de partager leur expérience avec le plus grand nombre.
Manon Bruchet


La SSI au Parc Borely
Le dimanche 14 novembre, les 5 projets de Solidarité Internationale d’Unis-Terre : Vi, Reads, Comedor, Coa et Tudo Bem ainsi que le projet Equity ont organisé au Parc Borély des jeux à destination des enfants se promenant en famille dans le parc cet après-midi là….
Voici quelques témoignages :
- READ
1) Pourquoi avoir organisé ce jeu ?
Notre projet est avant tout basé sur l’éducation. Nous voulons sensibiliser les enfants qui participent à notre jeu aux problèmes liés à l’éducation dans un autre continent qui est l’Afrique, mais nous voulons aussi leur faire découvrir l’Afrique.
2) Quel est le message que vous souhaitez transmettre ?
Il faut apprendre à connaître les autres cultures, il est important de ne pas rester enfermé dans son monde mais de s’ouvrir aux autres.
De plus, il faut savoir que l’Afrique est certes un continent fragmenté mais qu’il dispose de nombreuses richesses. Il est très important d’aider l’Afrique même si ce n’est qu’à petite échelle.
3) Combien de temps avez-vous mis pour organiser ce jeu ?
Nous avons mis un peu plus de dix heures pour organiser ce jeu.
4) Quel est votre objectif ?
Nous voulons faire reconnaître notre projet et trouver des parrains avec l’aide de l’homme sandwich (le lion qui va à la rencontre des promeneurs dans le parc Borély).
De plus, nous souhaitons sensibiliser les personnes à l’humanitaire afin qu’il y ait encore plus de progrès réalisés.
5) Voyez-vous la solidarité internationale comme une illusion ou une réalité ?
La solidarité internationale est une réalité pour nous. En effet, uniquement au sein de notre école nous pouvons compter plusieurs projets liés directement à l’humanitaire.
En outre, en y participant nous-mêmes nous pouvons dire que la solidarité internationale est bien une réalité!
- Questions posées à Inès (une enfant ayant joué au jeu de READS)
1) T’es tu amusée ?
Oui, beaucoup.
2) Connais-tu les différents pays représentés ?
Non pas vraiment. Je connais le Maroc, Madagascar qui me rappelle le dessin animé, l’Egypte.
3) Quels pays d’Afrique aimerais-tu visiter ?
Tous sauf l’Egypte car j’ai peur des pièges dans les pyramides.
4) Que signifie le mot « solidarité » pour toi ?
La solidarité c’est aider les gens à tenir le coup. C’est important.
- Projet Equity
1) Pourquoi avoir organisé cette exposition ?
Nous avons pour but de sensibiliser le public sur le commerce équitable. Pour cela nous avons mis en place une action qui consiste à photographier des passants avec une banane gonflable dite équitable, pour ensuite leur envoyer cette photo avec le but de les sensibiliser et de les faire réagir.
De plus nous relayons une campagne de Max Haavelar dont le but est d’inciter les gens à consommer du coton équitable. Cette campagne consiste à démontrer aux magasins que les consommateurs veulent des produits équitables.
2) Quel message souhaitez-vous transmettre ?
Il faut consommer équitable !
3) Combien de temps vous a-t-il fallu afin de réaliser cette exposition ?
Nous y réfléchissons depuis plus d’un mois.
4) Voyez-vous la solidarité internationale comme une illusion ou une réalité ?
La solidarité internationale est une réalité pour nous. En effet, nous avons envie de faire des choses pour sensibiliser de plus en plus de personnes.
De plus, il y a beaucoup d’étudiants motivés dans l’école. Ce qui est déjà une bonne avancée.
- Jeu Starting Block organisé par le bureau d’Unis-Terre
1) Quel est le principe du jeu que vous nous présentez aujourd’hui ?
Tout d’abord, c’est un jeu qu’une association d’étudiants basée à Paris (Starting Block) a créée pour nous. Unis-Terre fait partie de ce réseau.
Les questions évoquées dans ce jeu portent sur les droits.
Exemple de question : De quand date la gratuité de l’enseignement en France ?
2) Quel message souhaitez-vous diffuser ?
Tout d’abord nous tenons à préciser que ce que nous faisons n’est pas du militantisme. Nous voulons juste donner des pistes de réflexions aux gens.
3) Solidarité internationale : Illusion ? Réalité ?
Dans un sens nous pouvons dire que la solidarité internationale peut parfois sembler inutile et dérisoire. De plus, il y a aujourd’hui des problèmes de corruption qui peuvent nous faire déchanter.
Cependant même si nos actions sont faites à petite échelle, c’est cela qui construit la solidarité internationale et ces petites actions peuvent faire changer les choses.
- Jeu du projet Comedor
Le jeu organisé par le projet Comedor Argentine était en quelque sorte une balle aux prisonniers. D’après les membres du projet, la violence et l’insécurité sont des réalités en Argentine. Ils ont ainsi voulu faire prendre connaissance de cette réalité en organisant un jeu qui se base sur le principe de la balle aux prisonniers.
Le jeu se déroule ainsi :
Objectif : Rejoindre le Comedor où se trouvent des gâteaux et des bonbons !
Déroulement :
Deux équipes sont formées : les « niños » et « le danger ».
« Le danger » doit empêcher l’autre équipe de rejoindre le Comedor en touchant les niños avec le ballon.
L’autre équipe, les niños, doit rejoindre le Comedor sans se faire toucher par les balles pour gagner. Des petites cabanes sont positionnées sur le parcours (en carton, avec des barreaux dessinés dessus comme les maisons en Argentine) pour qu’ils puissent se protéger.
S’ils sont touchés, les niños devront aller en prison. Cependant ils peuvent sortir de cette prison grâce à un membre de leur équipe qui doit venir leur taper dans la main sans se faire toucher non plus.
Dès que tous les enfants sont soient en « prison », soit dans le Comedor, le jeu est fini!
Après le jeu, il était intéressant de demander l’avis des enfants sur le jeu, et surtout sur le thème de l’insécurité (qu’est ce que le danger selon eux ? comment l’éviter ?) pour savoir s’ils ont été sensibilisés à une réalité qui peut être dure et qui existe aujourd’hui dans le monde entier et notamment en Argentine.
Les enfants ont semblé très réceptifs à ce message et ont fait part de leur enthousiasme à participer au jeu. Le but pour tous les membres de Comedor était de permettre aux enfants de s’amuser de façon ludique.
Le jeu s’est terminé par une distribution de bonbons à tous les enfants présents !
Jennifer HELFT


Comment œuvrer pour la solidarité internationale ?
Comment percevez-vous la solidarité internationale ? Réalité ou simple illusion ? Vos avis sont très divergents.
Cependant, des organismes établissent des projets qui aident les personnes en difficulté, ce qui démontre que la solidarité internationale est bien une réalité.
En voilà deux exemples concrets.
Le 17 novembre dernier, pendant la SSI (semaine de la solidarité internationale), une conférence organisée par le secours catholique de Marseille et le CCFD (la première ONG française de développement) s’est déroulée à l’Espace d’accueil aux étrangers, dans le 3ème arrondissement de Marseille.
Le premier projet émane du Secours Catholique et vise à améliorer la condition des Rroms en France et en Europe de l’E





